MONGOLIE Champs – 20 jours – 1136 km – Septembre 2019

    Les Champs de Mongolie

Pâturages de Mongolie.

Nous avions déjà un aperçu de l’agriculture Mongole avant de passer la frontière, qui se confirme de jour en jour.
Ici l’élevage est roi. Si si, il fait partie de la vie quotidienne des habitants. Le secteur agricole représente 30% de l’emploi.

Allez, on dégage et vite…

 Nous avons fait le choix de laisser le bitume pour nous enfoncer un peu plus dans la campagne. Je dirai dans la nature sauvage où l’homme est pourtant bien présent. Des animaux partout, à l’intérieur des villes jusqu’ au sommet des montagnes les plus reculées. Des vaches, chevaux, moutons, chèvres, nous avons même croisé un troupeau de chameaux au milieu d’une grande plaine dans les montagnes, encore vertes.

 

 

 

 

un troupeau dans la plaine

Pas étonnant, vu le relief de ce pays. Dans le nord du pays, des montagnes de moyenne altitude (1500 m) entourent d’immenses plaines ou plateaux,à plus ou moins 1000 m, le tout formant un pays où pâturent plus de 70 millions d’animaux en totale liberté ce qui est énorme et pose quelques problèmes. 

allez on se rapproche de la yourte c’est l heure de la traite!!!

 Je ne comprenais pas à quoi pouvait bien servir tous ces animaux. La réponse me vient de la personne qui nous héberge dans la capitale.

Pour les chevaux (environ 2,5 millions) : une petite partie sert aux courses, une partie pour le lait et une autre pour la viande à l’export vers la Chine voisine. Bien sûr aussi aux bergers cavaliers, qui utilisent également des petites motos plus rapides. Les crinières sont également régulièrement coupées pour faire des cordes utilisées pour la fabrication des yourtes.

Je vous l’avais bien dit que l’herbe est plus grasse dans le cimetière !!

 

Pour les bovins,
le lait bien sûr et la viande issu du même troupeau. Il faut savoir que la France et la Mongolie coopèrent de façon très étroite dans ce secteur, notamment en apportant de la génétique de race Française et du savoir faire en termes d’identification animale, que l’on retrouve d’ailleurs sur les animaux.

Ici, pas de détail. Dans les villages, on ne s’embête pas avec l’hygiène. Nous avons pu voir des scènes de découpe de vache ou de mouton à grand coup de hache sur des plots en bois dans des cours de maison ou de garage franchement sales. Bon après, en général, la viande  est bouillie, ou mise à la vente telle quelle, dans des congélateurs dans les petits magasins des villages.

Sinon, pour les abattages, je dirai normaux, les meilleurs morceaux partent à l’export vers la Chine, créant un déséquilibre énorme, la Mongolie n’ayant pas d’unités de transformation pour les bas morceaux.

Quant aux chèvres (14 millions), elles servent à produire du cachemire avec leurs poils ou laine je ne sais pas, qui là aussi part à l export pour être traité et transformé privant ainsi les éleveurs de la plus-value du produit.

Allez, on rase et de près!

Pour nos moutons : 14 millions, On utilise la laine et la viande très prisée dans la cuisine locale sous forme de farce d’ailleurs très grasse ce dont raffolent les locaux.

Mais alors me direz-vous, où sont logés tous ces animaux dans un pays où il fait très froid. La réponse va vous surprendre : dehors!. Il y a peu de neige  et chacun tente de survivre comme  il peut. Il y a malgré tout beaucoup de perte : nourriture rare + froid font de gros dégâts, mais malgré tout, le cheptel grossit de plus de 10 millions par an. Nous avons observé aussi tout le long de notre route des carcasses d’animaux morts par collisions avec les camions, surtout des chevaux. Nous avons de la chance, ils ont peur des vélos. Ne rigolez pas, les camionneurs nous remercient de leur libérer le passage.

Dans les villages, des abris de fortune logent quelques vaches. Quelques récoltes de foin sont faites en ce moment en altitude avec les moyens du bord : vieux tracteurs quand il y en a, sinon à la main, le foin ramassé en vrac chargé sur de petits camions et descendus dans les villages pour l’hiver.

 

 

 

ils sont bien là nos Chameaux…

 

Et les chameaux me direz-vous : pour la déco? bien sûr que non, on utilise leur viande, leur laine et ils sont traits aussi. Bon je n’ai pas goûté surtout moi qui n’aime pas le lait.

et voici nos véhicules pour le transport du foin.!!

 

ils servent aussi pour le transport des animaux et pour déménager les yourtes.

 

 des chevaux en surnombre de partout jusque dans les forêts de pins.

 Et là, on touche un très gros problème pour le pays qui se trouve pris entre le besoin d’export et des surpâturages énormes qui provoquent le non renouvellement de la forêt et la disparition progressive de l’herbe au profit du désert qui progresse.

Au cour de notre périple nous avons perdu notre tracé et nous nous sommes retrouvés dans une cour de ferme. Comme on trouve toujours quelque chose de positif dans la difficulté, nous avons pu échanger avec le propriétaire. Dans ce pays de grandes exploitations produisent des céréales au milieu des montagnes dans des plaines ou contreforts de montagnes. Celle ci avait 2500 ha sur lesquels ils tentent d’avoir de la récolte .Du blé, de l’avoine. La récolte n’a pas commencé et nous sommes fin août. En fait ils moissonnent ce qui est mûr, le reste est fauché et finit sa maturité en andain pour être récolté avec une moissonneuse spéciale. Seulement une récolte tous les 5 ans sur une même parcelle. Bien sûr, les rendements sont très faibles.

Pourtant, la terre est très jolie. Seulement nous sommes en « Mongolie », en altitude et début octobre, le froid s’installe jusqu’en avril.

 

 

c’est une des plus belle parcelle de blé que j’ai vue

 

 

Des vieilles machines de l’époque soviétique côtoient des machines modernes

pas de labour, travail en surface sur 15 cm environ.

Bien sûr, un peu de culture maraîchère, notamment avec des pommes de terre encore en fleur (la récolte n’a pas encore commencé alors que les gelées ne vont pas tarder), des choux ,des carottes.

 

Nous repartons demain en direction du sud vers le désert de Gobi où des surprises nous attendent sûrement.

les hauts plateaux désertiques

 

Après la capitale, changement radical. Nous passons plusieurs cols à 1900 m , nous prenons encore de l’altitude pour arriver sur les immenses hauts plateaux mongols à plus de 1500m. les quelques cultures que nous avons vues précédemment ont disparu. L’élevage est toujours là avec les yourtes des nomades de plus en plus espacées. Forcement l’herbe est de plus en plus maigre dans cet espace fait de graviers et de sable. Les troupeaux de chèvres et de moutons remplacent les vaches. Les chevaux moins nombreux sont remplacés par des troupeaux de chameaux.

Le constat est sans appel. Tout ce qui peut se manger et rasé par les animaux et bien évidemment l’érosion fait son apparition.

les premiers signes du désert

 Imaginez un peu. Depuis que nous sommes parties d’Oulan-Bator, nous n’avons pas vu le moindre arbre ou buisson. Soit 300 km et ça devrait continuer puisque nous sommes ce soir dans le désert de Gobi.

Pour le moment, nous nous régalons dans ces paysages magnifiques qui deviennent de plus en plus désertiques.

 

 

nous y voici nous y voilà dans le désert et par chance il pleut !!!

 

Nous perdons progressivement de l’altitude dans un décor qui devient de plus en plus minéral et pourtant les nomades sont toujours là, sur leurs chevaux. Ils guident et surveillent leurs troupeaux de chèvres.

 

du sable des pierres, du gravier et quelques plantes qui tentent de survivre.

Toujours de magnifiques portes

 

Un peu avant la frontière avec la Chine le désert s ‘accentue encore, le vent du sud devient violent et nous arrête parfois nous l’avons de face. Nous sommes arrivés à la frontière et quittons ce beau pays attachant avec regret.

 

À bientôt chers amis et lecteurs pour d’autres découvertes chez le voisin Chinois.