Cathy

 C’est comment ailleurs?  y-a-t-il d’autres modes de vie ? comment se déplace-t-on, quelles  ambiances, quelles relations entre les hommes et les femmes, qu’est-ce qu’on mange,  …
C’est plus fort que moi, faut que j’y aille.
…Tout a commencé  ..

Tout a commencé en 1989, le jour où (par hasard ?) je tombe sur un livre dont je ne me rappelle plus le titre mais il s’agissait d’un couple de Lyonnais partis pour un an à vélo. Finalement, Ils voyageront 7 ans, avec la naissance d’une petite fille en cours de route. C’est resté ancré dans ma mémoire, mais d’abord comme un rêve inaccessible.

Puis, chaque fois que je trouvais un livre sur un voyage, je le dévore. Internet se généralise, Je surf (encore par hasard ?) sur les voyages. J’ai déjà pas mal voyagé : à pied, à moto, en bateau… mais le vélo me semble très vite un moyen très doux pour voyager : simple, écologique, économique, ne nécessitant pas de compétences mécaniques spécifiques, la vitesse permet de prendre le temps, le temps de mieux ressentir les éléments, finalement le temps d’en voir plus.  Cela permet également d’aller là où les guides ne nous envoient pas.. dans les  lieux pas forcément exceptionnels, des lieux de tous les jours pour des gens de tous les jours, pour une découverte au fil de l’eau. Ca me parle de plus en plus, mais je n’ose pas franchir le pas.

Je ne suis pas hyper sportive, j’aime la nature et les loisirs sportifs mais c’est surtout ma curiosité, mon envie de changer le quotidien, les habitudes qui m’animent.

Et puis un jour, après la crise de la quarantaine, la décision est prise de quitter mon boulot pour partir. Au départ pour un voyage à deux mais ça n’a pas pu se faire. Tant pis j’ai plus de boulot, le plus dur est fait, je partirai seule. Je me fais violence car je déteste la solitude.

En France pourtant, on me décourage un peu : t’es folle, c’est dangereux ..etc »  Je m’inscris d’abord pour un petit voyage moto en Thailande, et sur place, je loue un vélo pour tester pour voir, je parle avec des voyageurs..

OK c’est parti ! J’achète un VTT, 2 petites sacoches, un Lonely Planet en poche et hop hop hop, en route pour le nord de la Thailande, le Laos, le Vietnam, Cambodge, Malaisie, Indonésie… je n’ai rien préparé, mais j’observe, je fais des rencontres, je me débrouille et je m’adapte.  Avec très peu de bagages, de confort, je voyage à bas coût au grand étonnement des gens que je rencontre qui ne comprennent pas pourquoi je voyage à vélo alors que, d’après eux, je pourrai avoir une voiture ou aller dans un hôtel 4 étoiles…comment leur expliquer.. Tant pis !

Quel plaisir de vivre simplement, de juste chercher un toit et à manger chaque jour, d’apprendre, de s’ouvrir sur d’autres modes de vie, une sorte de sensation de liberté. Je suis quand même ravie de rentrer pour retrouver les amis, la famille qui me manquent mais je n’ai qu’une envie : repartir à vélo, dès que ce sera possible.

Une autre occasion se présente quelques années plus tard, en 2008, à deux cette fois : nous partons  pour 3 mois d’Isère jusqu’en Turquie/Roumanie.. un peu plus chargé cette fois puisque nous campons…

Complètement différent à deux, peut-être moins de rencontres mais on observe toujours des choses différentes et on les partage au quotidien, que du bonheur !

Mon histoire de vie, mes changements professionnels me maintiennent dans le mouvement et la découverte mais je rêve toujours d’un tour du monde à vélo. Mon métier dans l’économie sociale et solidaire (l’insertion professionnelle) m’amène à La Mure.  C’est là que Je  rencontre Jacques il y a 2 ans et demie. Cycliste sportif, il préparait de ce son côté la traversé de la France à vélo d’est en ouest ,ni une ni deux nous partons ensemble, l’idée du vélo « sacoche », comme il dit, le séduit, mon rêve devient projet.

 On partira plusieurs fois pour des petits trajets de 2 semaines en France : le projet se dessine.

 

Après  5 ans au sein d’une belle association d’insertion socio-professionnelle,  il me semble qu’il est temps de repartir faire un petit tour. On est plus tout jeunes, c’est maintenant qu’il faut le faire : Le projet est décidé, ce sera en 2019.

Jacques rencontre deux jeunes qui rentrent  d’un tour d’un an et demi sur un circuit qui ressemble un peu à ce qu’on avait en tête…  le projet prend forme sur la carte du monde.

On commence à en parler, on se projette, on simule un itinéraire, on consulte la météo des différents pays et nous fixons la date de  départ le 05 mai 2019.. Yesss !!!