Les champs du Cambodge (suite)

 

Une petite moto.. Un gros chargement

 

 

 

Pas de doute, nous sommes à la bonne frontière et retrouvons nos chargements les plus insolites 😂

un chargement de paille de riz.

 

 

Je ne vais pas vous faire le coup du riz qui nous entoure, encore une fois. Ne soyons pas mauvaise langue il nous sauve souvent de  la fringale. 😇

Allez, en piste pour découvrir une ferme de production de poivre.

OH oui en piste après avoir laissé le bitume. Nous voici embarqués sur des chemins des plus poussiéreux et caillouteux, vent de face, bref tout ce que je n’aime pas sur 15 km. Cathy file devant comme une anguille entre les pierres avec son petit vélo.

Nous voici arrivés. Je suis content et réconcilié avec moi même et avec mon grand vélo qui me secoue.

Après une bonne bouteille d’eau fraîche la visite peut commençer. Nous avons même un guide en Français. Ah pardon, j’ai oublié de vous dire que cette exploitation de 50 ha a été créée par un couple Franco-Belge.

20ha de production de poivre, le reste étant des bananiers , de la citronnelle, du piment, du curcuma. Le tout en agriculture bio, certifié par Ecocert.

Des bâtiments d’exploitation, de transformation, de restauration, de jeux, de formation, d’habitation, de vente, un parking. Bref un méga projet.

Avec un volet social régional fort intéressant.

Notre homme qui récite sa leçon par cœur nous montre les différentes variétés de poivre. Une plante grimpante qui mettra 4 ans après sa plantation pour produire. Elle s’enroule et grimpe sur de solides tuteurs de 4 m de haut, pas plus haut sinon on ne peut pas le ramasser. Après floraison, il se forme une grappe de fruits allongés. A maturité, les grains rougissent, la récolte commence alors à la main. Les grains seront triés un par un. Les rouges d’un côté, les verts de l’autre. Une partie des rouges seront conservés rouges, le reste sera dépéliculé pour devenir poivre blanc. Les verts serviront de poivre vert que l’on mange frais ici, souvent en grappe dans les plats, il faut juste aimer le poivre pour supporter. J’ai fait le test un jour en commandant un plat au poivre vert. J’ai vu arriver un petit morceau de viande et 5/6 grappes de poivres verts succulentes, heureusement que la bière était là 😋.

Après séchage complet, les grains verts deviendront le poivre noir que nous connaissons bien et utilisons souvent dans notre cuisine comme épis. On l’utilise plus rarement pour la confection de désert et pourtant ce doit être fameux. Personnellement je l’utilise pour faire mon génépi maison. 🤫

Le tour du champ est protégé du soleil les premières années.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le poivre de kompot est bien sur un des meilleur du monde !!  Le terroir serait très favorable.

Il demande beaucoup de travail manuel. Chaque plant pousse dans une petite cuvette formée avec de la terre pour retenir l’eau en saison des pluies, sinon il est arrosé manuellement. L’exploitation dispose de deux retenues colinnaires pour alimenter via des  tuyaux à chaque parcelle.

 

Je suis votre plus fidèle épice. Je pousse vers le ciel🌤️

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un autre poivre est ici présent également. Le poivre long de Java qui entre en production plus vite. A maturité il forme une gousse très compacte que l’on ramasse aussi dès qu’il rougit. On utilise alors les gousses entières pour parfumer les plats.

Gousse de poivre de Java à maturité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai pas retenu toute la leçon du poivre. Bon j’ai une excuse il faisait vraiment très chaud lors de la visite, plus une grosse fringale.

Oh l’étourdi. Passons à la citronnelle, une plante qui forme une grosse touffe d’herbe qui sert aussi beaucoup pour parfumer les plats.

Vous avez tous reconnu ces beaux plants de riz.😂 Mais non voyons c’est notre citronnelle

 

 

 

Après notre repas au poivre, nous reprenons nos montures et décidons de quitter ce chemin infernal pour nous enfoncer encore plus dans la campagne.

Pas triste, mais tellement plein de charme de se retrouver sur un authentique petit chemin où l’on se croise à peine avec les gens du voisinage. On passe à droite à gauche avec nos vélos, pas d’excès de vitesse ici, que du plaisir. La vrai vie d’ici.  Au détour du chemin, une glacière rouge sous un toit et voilà que nos deux vélos se dirigent tout seuls vers ce lieu. Une pause boissons fraîche, un petit adieu à la dame et en selle pour d’autres aventures.

C’est reparti. allez Cathy, la route est encore longue..

 

 

Nous allons  découvrir aujourd’hui une ville bien particulière. Une ville  ? non, un immense chantier. Bien sûr, les champs d’ici sont ravagés.

Les « Fourmis » ont décidé de monter des fourmilières dans la ville. Des grues de partout. Les fourmis avec leurs bras mécaniques qui arrachent la montagne, d’autres qui transportent inlassablement des tonnes de matériaux sur leurs dos. Et bien sûr pendant ce temps les insectes locaux quittent et fuient leurs lieux de vie devant une telle invasion. L’homme a bien perdu la tête, plus un mètre carré de goudron intacte. Une nouvelle immense fourmilière est entrain  de voir le jour.

Nos fourmis en actions…

 

 

 

Oh une nouvelle fourmilière en projet 😢

 

Nous aussi nous décidons de ne pas dormir dans cet enfer de poussière et de bruits où les champs sont la proie de ces  fourmies déraisonnables.

Nuage de poussière sur la ville. Ce pourrait être un titre de film….

 

 

 

Après cet intermède un peu hors des champs, nous recherchons un peu de calme, il suffit de demander à notre copain Maps-me de nous conduire. Ni une ni deux, nous voici embarqués une fois de plus dans la nature profonde, sur des pistes où nous ne croisons que quelques motos.

plantation d’héveas

Nous découvrons  en premier d’immenses plantations d’héveas sur des milliers d’ha de chaque côté de nous. En nous enfonçant un peu plus encore sur des pistes plus étroites, nous découvrons cette fois l’arbre de la discorde. Vous aurez deviné qu’il s’agit des fameux palmiers qu’une partie du monde rejette. Difficile d’estimer l’espace qu’ils occupent, leur surface couvre tout sur une région entière…

À droite l’hevea, à gauche nos palmiers 🤔

 

 

Un peu inhabituel quand même. Ça change des sapins, vous ne trouvez pas ? … 😄

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En plus l’ombre est agréable…

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voici maintenant le fruit duquel on extrait la graisse de palme.

 

 

 

Sur le sommet de l’arbre : de grosses grappes de fruits attendent sagement la récolte qui ne devrait pas tarder. Nous parlons souvent d’huile de palme mais il s’agit de graisse. Le fruit en est vraiment gorgé, en grattant un peu, un liquide très gras apparaît.

En vélo, sous les palmiers il faut faire confiance à notre fidèle guide, on a l’impression de ne plus pouvoir sortir de ce couvert.

Nous remontons maintenant vers le nord du Cambodge. Un jour de route nationale de trop, nous sommes fatigués, il faut être sur ses gardes en permanence. Les camions nous frôlent. Quand on voit les roues des semis de trop près, on saute sur le bas côté.

Nous repartons le  lendemain de plus belle  au milieu des champs où plutôt des rizières asséchées en ce moment où les zébus sont en quête d’une bien maigre pitance.  Ah… un peu de calme dans la campagne nous réconcilie avec nos hôtes de voyage.

On comprend pourquoi la viande de bœuf est un peu dure ici.

 

 

 

 

 

 

 

C’est un peu le désert en ce moment 😏

 

 

 

 

 

 

 

Beaucoup de rizières sont maintenant abandonnées

 

 

Comme d’habitude,  chaque jour nous apporte de nouveaux paysages. En quelques km nous passons des rizières desséchées et brûlées par le soleil à une très vaste plaine irriguée complètement verte. Le riz est ici partout entre les canaux, cultivé sur de grandes parcelles de chaque côté de la piste rouge que nous suivons depuis plus de 60 km.

Du plat sur 60 km..le soir  notre compteur indique seulement 40 m de dénivelé, ce doit être les petits ponts..

 

 

 

C’est un peu longuet mais tellement beau et tranquille, pas de camion, quelques voitures  et motos tout au plus. Les agriculteurs s’occupent surtout de l’irrigation de leurs champs. Un peu partout, on pompe et repompe l’eau qui passe d’une parcelle à l’autre.

L’eau source de vie…

 

 

 

 

Cette plaine est la plus fertile du Cambodge. Elle se situe  au sud du plus grand lac d’Asie dont le niveau bouge beaucoup en fonction de la saison. Nous en reparlerons sûrement dans les jours qui arrivent puisque nous allons maintenant le longer et normalement le traverser sur sa partie nord.

Ici, un agriculteur épand de l’engrais à la main.

 

 

 

 

 

 

 

Un « enjambeur »  fait maison, pour travailler dans les rizières pleines d’eau.

 

 

 

Dans cette région, 85 % des gens sont agriculteurs, nous pouvons le constater le long des routes  ou pistes. Du riz sèche partout, des tracteurs stationnent devant les maisons, ou sous les maisons puisque beaucoup sont sur pilotis.

Oh et voici une zone sans irrigation.

 

 

 

 

 

 

 

Je dirai même très sèche. Plus aucune culture. Parfois on se demande bien où nous allons arriver. 🚴‍♂️🚴‍♂️

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons l’impression d’être dans le désert de Gobi. Sauf qu’ ici on trouve un arbre pour une petite pause.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La grande différence aussi, c’est que malgré le soleil brûlant, pas besoin  de crème solaire, grâce à la poussière rouge qui nous recouvre de la tête aux pieds et nous protège des UV . Non non ce n’est pas une blague.🥵

Allez  vas-y fonce encore plus vite camarade…

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une pause de 3 jours, nous embarquons sur un petit bâteau pour traverser le fameux lac de Tonlé Sap, encore praticable et remonter ensuite un cour d’eau

le lac de Tonlé avec une eau très boueuse.

 

 

Une des particularités de ce lac est sa faible profondeur et la grande variabilité de son niveau d’eau qui monte à la saison des pluies et descend à la saisons sèche à tel point qu’il n’est pratiquement plus naviguable en Février libérant ainsi de grandes surfaces de terres cultivables avant les prochaines pluies prévues dans 5 mois environs.

Comme dans beaucoup de pays d’Asie les bateaux sont à fonds plat avec des hélices escamotables qui peuvent se remonter instantanément pour passer des obstacles sans se prendre dedans, mais aussi pour pouvoir naviguer sur des cours d’eau de faible profondeur. J’ai également compris que l’eau est très boueuse sous l’effet du brassage  par les hélices des bateaux qui remuent la terre du fond.

Au cours de notre trajet, nous avons d’ailleurs franchi à plusieurs reprises des filets de pêcheur qui glissent alors sous le bâteau, lequel passe l’obstacle au point mort.

La pêche, bien sur est très présente voir trop présente et appauvrie considérablement le milieu. Ce lac est au bord de la rupture, l’écosystème est mis à mal par le nombre croissant de personnes qui viennent habiter sur le lac qui pêchent et créent aussi des élevages de poissons, nous avons même aperçu un élevage de Crocodile. De plus, l’eau est bien sur pompée pour l’irrigation des terres environnantes et le tout sans aucune restriction ni contrôle.

Un système de pêche avec filet entonnoir ou épuisette que l’on remonte de l’eau emprisonnant ainsi les poissons..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En remontant le cour d’eau nous avons slalomé entre ces nombreuses installations de pêche.

Une fois à terre, nous empruntons une piste complètement défoncée et pour cause nous sommes en fait sur une partie du lac où l’eau s’est retirée. Seulement pratiquable avec des 4×4, une vrai partie de rodéo s’engage alors avec nos montures.  Au bout de 10km nous retrouvons une piste plus roulante. Dommage c’était sympa nous avons bien rigolé au milieu de nulle part.

la piste s’améliore doucement au milieu de rares cultures 😉

 

 

Après une journée de repos, nous voici de nouveau en selle en direction de la frontière Thailandaise pour une petite étape en pleine campagne, loin de l’agitation des grands axes. Nous retrouvons maintenant nos champs de manioc mais aussi les plantations d’agrumes, des orangers des pamplemousses.

Des collines d’arbres fruitiers. Ici on transporte les mangues vers la Thaïlande en vrac dans des semis-remorques. Autant vous dire qu’on ne se prive pas de cet excellent fruit. 😉😉

 

 

 

Ici du manioc en culture intercalaire dans une plantation de jeunes orangers.

On dirait que pour notre dernier jour, les Cambodgiens ont envi de nous montrer ce qu’il savent faire avec le manioc.

Sur 40 km, nous découvrons une agriculture plutôt riche. D’immenses plantations de manguiers  partagent l’espace avec des cultures de manioc.

Sur de petits plots en bois, les femmes découpent les racines en petits morceaux pour les faire sécher au soleil…

 

 

 

 

 

 

 

Transport des racines ou du manioc découpé dans toutes sortes d’engins.. Vers des entrepôts..

 

 

 

 

 

 

 

Une aire de stockage, de séchage et d’expédition..

 

 

 

 

 

 

 

Pendant que les agriculteurs déchargent inlassablement  leurs sacs de découpe de manioc, les chargeurs remplissent les bennes des camions.

 

 

 

 

 

 

 

 

À la vue du chargement, inutile de vous expliquer pourquoi on retrouve de tout sur les routes d’Asie 🤔

 

 

 Nous avons rencontré de très nombreuses unités comme celles-ci  le long de la route. Comme on le voit sur les photos, un épais nuage de poussière blanche monte dans le ciel pour venir se déposer dans la campagne environnante, tout était blanc. Il devrait pleuvoir normalement dans plusieurs mois pour laver tout ça….😁 😁

Nous sommes en Asie. Ce fonctionnement peut nous paraître un peu étrange  au regard de nos règlementations draconiennes, mais souvent justifié. 🤔

Il fait très chaud ce matin. Nos compteurs indiquent 41 degrés mais tout se passe bien pour le moment, le moral est toujours au beau fixe. Nous allons quitter nos amis Cambodgiens qui nous ont accueillis avec beaucoup de chaleur, de respect, malgré la pauvreté d’une grande partie de la population. Il y a dans ce pays de très grandes inégalités de revenu. Certains roulent en gros 4×4 pendant que beaucoup se battent pour manger tous les jours tout en gardant le sourire. De toute façon, la parole n’est pas libre ici, ils ne peuvent rien dire, sous peine de répression. Un pays qui sort peu à peu d’un profond et récent génocide qui a rompu la progression sociale et intellectuelle. On ressent malgré tout que ce pays est en plein développement. Espérons juste que ces améliorations profitent bien au peuple Cambodgien et qu’ils puissent en garder le contrôle…

Allons maintenant découvrir les champs Thaïlandais si vous en êtes toujours d’accord 😊🌴

6 réponses à Les champs du Cambodge (suite)

  1. THURET dit :

    Jacques,
    Merci de nous faire partager votre voyage.
    Vous me redonnez l’envie de voyager à nouveau mais pour moi, moins sportif et moins courageux, ce sera je l’espère avec mon moyen de locomotion préféré : en side-car.
    A bientôt pour la suite de vos aventures.
    Bonne année Jacko
    Vincent

  2. Guy Pachoud dit :

    Encore une fois merci pour ces CR très intéressants, et surtout le temps passé pour la rédaction et les photos.
    Bonne continuation à tous les deux.
    Guy d’Echirolles.

  3. Madeleine dit :

    Merci de me faire voyager avec vous. C’est vrai que cela donne envie. Mais par 40 degrés, je ne serais pas très douée sur le vélo. Très clairement je suis impressionnée par votre résistance et votre curiosité intacte. Un peu triste de voir les terres asséchées,… Parlent ils du « global warming »?
    Bises de madeleine.

  4. Pierre Bodart dit :

    Nous continuons de suivre vôtre périple avec beaucoup d’intérêt !
    La vie à La Tinat toujours aussi paisible…
    On parle beaucoup de vos aventures à nos amis.
    Amitiés
    Pierre et Marie Jeanne

  5. BAUP Françoise et Gil dit :

    Hello les baroudeurs!
    Toujours ravis de lire vos commentaires instructifs-humoristiques (bravo pour ce blog très bien fait et pour l’assiduité de vos comptes-rendus) et surtout le plaisir de vous retrouver en pleine forme et avec toujours le sourire aux lèvres (positive attitude).
    Le Dauphiné aussi a rendu compte tout récemment de votre périple alors poursuivez toujours sereinement votre route en vous gardant bien des camions qui semblent être votre plus gros souci ainsi que la pollution impressionnante dans certains endroits (pauvre planète!!! on sent bien que là-bas ça n’est pas leur souci premier) et continuez à découvrir et apprécier tous ces pays traversés qui vous enrichissent tant sur le plan culturel qu’humain. On vous renouvelle tous nos vœux pour une année 2020 qui sera peut être encore plus exceptionnelle que la précédente et vous souhaitons beaucoup de plaisir partagé avec les petits Baup qui vont bientôt vous retrouver en Birmanie.
    Bises. Fet G Baup

  6. Famille BAUP dit :

    Après le Cambodge, vient la Thaïlande avec Corinne et Antoine qui vont vous accueillir avec plaisir et ensuite LA BIRMANIE.
    Nous avons hâte de vous rejoindre !!!
    Les valises sont presque prêtes !

    Bises

    Mélys, Maël, Elio, Manue et Julien

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