Les champs de Russie

Vous avez dit champ !

Pour le moment entre la frontière Estonienne et St Petersbourg, seulement 150km en vélo pour apprécier l’agriculture de Russie mais déjà beaucoup de terres incultes. En effet, seuls 10% des terrains du pays sont cultivés. La faible fertilité des sols et le climat trop froid ou la chaleur excessive en sont la principale cause ainsi que le manque de moyen financier . Nous sommes au nord ce qui explique qu’ici seul l’élevage est possible. Nous voyons de grandes étendues de prairies permanentes composées uniquement de dactyle (une graminée) qui  doivent être ensilés pour nourrir des vaches laitières.

 

un tout petit campement dans une prairie de dactyle de plus de 100 ha

Il semblerait que nous soyons sur le même fonctionnement d’exploitation que dans les Pays Baltes, mais à une autre échelle. La répartition est de :

50% sous forme collective avec une surface moyenne de 8000 ha ,

35% en lopin de quelques ha voir moins.

et de 15 % en privé de quelques centaines d ‘ha . Mais aussi une entreprise internationale qui exploiterait tenez-vous bien : 350 000 ha.

En prenant le train entre St Petersbourg et Moscou, Je pensais apercevoir un peu les cultures et bien c’est loupé. De la forêt encore de la forêt et toujours de la forêt sur presque 700 km.

Allez, montons donc dans le transsibérien pour apercevoir dame nature. Et bien ce que je craignais arrive : encore et toujours des forêts de résineux mais aussi de magnifiques étendues de bouleaux  sur des milliers de km entrecoupés par d’immenses étendues de marécages et de joncs. Seulement autour des petits villages : quelques lopins de prairie  souvent fauchés un peu tous les jours à l’aide de débroussailleuse. Le foin est mis sous forme de petites meules dehors comme nos grands parents le pratiquaient jadis. Bref, encore une fois, une agriculture vivrière ou plutôt de subsistance au regard de la misère que l’ on peut observer. Si je ne me trompe pas, ces paysages forment ce que l’on nomme la  Taïga.

marécage joncs, le royaume des moustiques

Seulement sur les derniers 500 km avant d’arriver à Irkoutsk, le paysage est devenu plus vallonné. La forêt est entrecoupée : soit de très grandes etendues de pâturage dans les pentes, soit, sur les terrains accessibles aux machines,  des céréales bien chétives.

L’exploitation de la forêt est bien présente même si, semble-t-il beaucoup de surfaces ne soient pas entretenues. Nous avons pu observer de très grosses scieries tout le long du parcours de la voie ferrée desservie par les trains pour le transport du bois soit en grumes soit débité.

Le tout à  la Russe: c’est à dire pas entretenu, délabré, et d’une autre époque, mais qui continu malgré tout à fonctionner. Bien sûr, il ne faut pas oublier que nous sommes en plein cœur de la Sibérie,  la nature ne permet pas à l’homme sans doute d’agir comme il le souhaiterait.

Les hivers très froids et longs laissent peu de temps pour travailler dans de bonnes conditions. Sur les grands chantiers, les entreprises fonctionnent tous les jours de la semaine.

Quelques km nous séparent encore de la Mongolie nous verrons bien si les paysages changent.

 

Nous voici de nouveau sur nos biclous à l assaut des montagnes Russes😊. Nous sommes obligés  de contourner le lac Baikal et nous apercevons très vite que les Russes attaquent  le relief  de face. Pas de lacets, on passe d’un torrent au sommet d’une colline avec des pentes à  10, 12, ou 14 %  (nos mollets en prennent  un coup) le tout, dans d’immenses forêts ou la cueillette de baies et de champignons bat son plein. En général, ils vous attendent, assis sur  une chaise au sommet pour vous vendre leurs récoltes : des pleins sceaux  de chanterelles, de sanguins, myrtilles etc..

Vous avez sans doute compris que l’agriculture  a pris ici  une autre forme…

Après une descente à tombeaux ouverts avec nos bolides sur une superbe route de 10km avec une pente d’au moins 10%..j’avais pourtant promis de me retenir mais comment résister, nous doublons les camions qui descendent doucement en laissant derrière eux une odeurs  de freins. Ils sont bien sur tous en surcharge, écrasés par leurs fardeaux, et certains dans des états de décomposition un peu avancés.

Nous plongeons littéralement  sur « le Baikal » comme ils le  nomment, un des plus grands lacs de la planète. Un immense réservoir d’eau douce la plus propre du monde. Elle est effectivement très translucide. De partout en Russie, on parle de ce lieu emblématique. Imaginez un peu une profondeur max de 1700 m ,750m de moyenne, 636 km de long et une largeur variant de 24 km à 80 km. Un Bordelais l’a traversé  en vélo  dans le sens de la longueur, l’hiver bien sûr sur la glace qui a une épaisseur de 1,5 m.

les voitures l’empuntent aussi.

le début du lac baikal

Depuis maintenant 3 jours, nous pédalons sur la route qui le borde, nous pouvons assiter  une fois de plus à un spectacle des plus surprenants. Comme dans beaucoup de lacs, la pêche est présente, mais ici ils sont très forts. c’est du direct pêcheur-consomateur. Tout le long de la route, ils font griller  les poissons dans des barbecues !!! .Enfin des tonneaux de 200 litres dans lesquels ils font un feu de bois pour faire cuire ce fameux Omoul, un poisson aussi bon que le saumon. Nous sommes sur la route principale qui va à Vladivostok (ville de l’extrême Est de la Russie) à quelques 3000km  de là ou nous sommes ,tout le monde s’arrête pour faire des réserves.

cuisson du poisson à la mode Russe

Encore un jour le long du lac et nous attaquerons les montagnes de Bouriatie (partie Mongole de la Russie) qui devraient nous réserver bien des surprises j’en suis sûr, au regard de ce que nous découvrons en avançant dans ce que j’appellerai la Russie profonde…

Aujourd’hui surprise ! nous arrivons dans un delta formé par un fleuve et tout de suite le paysage change. D’abord d’immenses champs d’avoine encore vertes, puis de magnifiques (hum) champs de blé. Je suis allé voir pour être sur. Ils vont bien mettre une journée pour remplir un camion. Pourtant, le champs doit faire plusieurs centaines d’ha.

Une fois de plus, nous avons la confirmation que plusieurs types d’exploitation cohabitent. Regardez un peu.

un tracteur d’une autre époque

 

 

 

 

 

 

 

une meule de foin pour l’hiver

 

 

 

 

 

 

 

 

Un troupeau de 500 vaches gardées par un cavalier

 

 

 

 

 

 

 

La route se poursuit et nous voici dans un autre monde. Encore de la forêt sur  les versants nord. Mais surtout l’arrivée de là fameuse steppe à perte de vue avec des troupeaux de vaches en totale liberté.

la steppe

 

 

 

 

 

 

 

Malgré tout, les paysages sont verts, l’eau n’est jamais très loin avec encore de nombreuses zones de marécages dans d’immenses cuvettes ou serpentent des cours d’eau toujours pâturés par des vaches et leurs veaux. Nous croisons aussi  un cavalier gardant un troupeau de mouton qui est venu faire un tour dans le marais. L’originalité si je peux dire et qu’il porte une moustiquaire sur la tête pour de protéger des moustiques. Bon allez, Cathy va dire que je suis un peu traumatisé par ces bestioles. J’ai de quoi l’être : à chaque arrêt,  j’ ai droit à  ma petite prise de sang de ce volatile qui m’adore.

Cathy regarde au loin la route qui nous attend

En avançant vers le Sud Est, le relief est plus marqué, nous prenons progressivement de l’altitude au milieu des paturages, les villages deviennent de plus en plus distants. Du sommet du col où nous bivouaquons, à 1100 m d’habitude  nous avons à perte de vue de la steppe que nous allons traverser et nous rendre compte que la végétation change. Les moutons remplacent maintenant les vaches. Les sols sont de plus en plus sableux et l’herbe plus maigre. Le vent transporte  du sable qui se dépose sur les routes.

Nous sommes arrivés ce soir à la frontière  avec la mongolie en laissant derrière nous un peuple adorable, très  accueillant, avec un coeur énorme. Ils nous klaxonnent pour nous encourager, nous saluer, ils nous serrent la main en signe d’amitié. Il faut dire qu’ils ne voient pas beaucoup de voyageurs comme nous et les surprenons un peu.Ils me demandent tous mon âge.

Une autre aventure commence avec la mongolie nous allons reculer sans doute encore un peu dans le temps ou peut être plutot découvrir une autre façon de voir la vie avec les nomades… affaire à suivre si vous êtes d’accord..

 

 

 

7 réponses à Les champs de Russie

  1. Servant dit :

    Ah enfin de vos nouvelles !!! Que d aventures et de découvertes…. on voyage avec vous et merci pour vos commentaires et explications. Bon continuez bien et donnez des nouvelles !!! Bisous christiane Thierry

  2. mathieu et christine dit :

    coucou les rouleurs
    a enfin qq nvelles toujours aussi passionnant les commentaires de jacques merci encore . et toi cathy pas de commentaire?
    a oui pour info Christine ma femme par en mongolie le 28 de ce mois qui sais vous allez peut être vous croisé .
    bisous a vous et continué bien .

  3. VERONNEAU dit :

    Merci pour vos commentaires qui sont le reflet de ce que l on peut voir sur des reportages sur la chaine « ARTE ». En Mongolie, vous allez rencontrer beaucoup de nomades a de grandes distances et probablement de élevages de Reines des gens encore différents. Ne vous découragez pas la route est encore longue pour les mollets. Allez foncer, mais avez beaucoup te temps pour réaliser votre projet.

  4. Dubant dit :

    Oui nous avons langui pendant ces 3 semaines sans nouvelles. Enfin nous sommes contents de voir que vous allez bien et que vous êtes heureux… Merci pour ce rêve que nous vivons avec vous. Bonne continuation. Mais n’allez pas trop vite sinon vous allez être obligés de faire deux fois le tour pour arriver à la date prévue… lolll.

  5. Karin dit :

    Le moustiquaire sur la tête – ne rigolez pas, il est vraiment pratique dans ces zones infestées de moustiques ou de petites mouches qui piquent. Je l’ai toujours porté pedant mes randonnées en Groenlande. Seul problème: on se plante chaque fois la cuillière dedans quand on mange, car on l’oublie…;-)

  6. La cop dit :

    Et bien ce fut long sans nouvelle… heureusement que la magie du téléphone portable permet de se parler comme si nous étions assises l’une à côté de l’autre.
    Bravo les cyclistes, j’ai l’impression que vous êtes partis hier et en même temps depuis une éternité.
    Bises

  7. delory dit :

    Coucou les globe trotteurs
    C est extraordinaire on voyage avec vous de son salon!
    C est plus économique et moins fatigant bref c est comme un reportage télé!!
    Les gens ont l air sympa!!
    Vivement les nouvelles de Mongolie
    Je vous envoie plein de bisous énergetiques!
    mino

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